Les régimes totalitaires et la jeunesse

39-45 : La guerre des enfants

Les régimes totalitaires et la jeunesse

Beaucoup d’enfants imitant leurs parents font encore confiance au Maréchal. Un monsieur avec une tête aussi gentille ne peut leur vouloir que du bien. Alors ils lui écrivent des lettres. A Vichy, Pétain en reçoit plus de 2000 par jour. Le cabinet du Maréchal s’efforce de répondre à chacune des lettres, les enfants ont l’impression d’avoir un lien direct avec lui, à la différence des pères, toujours absents. Pétain les accompagne partout, jusque dans les salles de classe.

Le message de Vichy coule de source : le pays a mérité la défaite parce qu’il a manqué de sens moral et de patriotisme, tout est de la faute de la République. Pour Pétain, l’urgence est de renouer avec les racines de la France et pour réussir cette révolution nationale, le vieillard s’appuie sur les enfants. Dans une lettre, le Maréchal révèle le fond de sa pensée : « La jeunesse n’est pas encore sclérosée dans ses habitudes, il serait naïf de penser que cette conversion pourra être obtenue des français adultes ».

En rééduquant les plus jeunes, le régime cherche à atteindre les parents. L’objectif est d’effacer dans les familles, le souvenir de la IIIe République. L’endoctrinement de la jeunesse est la marque de tous les régimes totalitaires. Mais en Allemagne, cette politique va beaucoup plus loin. Là-bas, ce sont près de 9 millions d’enfants qui ont été arrachés à leurs familles pour être enrôlés de force dans les jeunesses hitlériennes.

Dans l’Alsace annexée au Reich, la condition des écoliers tourne au cauchemar. Ici, ce sont les nazis eux-mêmes qui prennent en charge l’éducation des enfants. Parmi eux, Tomi, un petit écolier de Colmar. Tomi a vu les loups entrer dans sa ville, au début, ils étaient doux comme des agneaux et montraient patte blanche. Tomi, comme tous les alsaciens est désormais citoyen allemand, à 8 ans, il est envoyé à l’école nazie où il apprend à réciter la propagande sur le bout des doigts. Toute une éducation à refaire… Le prénom Tomi est trop français, ses maîtres l’appellent Hans. Il apprend que Léonard de Vinci est allemand, que ses ancêtres ne sont pas les gaulois mais les germains.

Tomi Ungerer, 13 ans en 1945 : "Le premier devoir qu’on m’a demandé, c’était de dessiner un juif …." Apprendre à dessiner un juif comme on apprend à faire des additions. Un programme chargé de haine qui doit transformer les jeunes alsaciens en bons petits soldats du Reich.

RÉALISATEUR :
Fanny Glissant, Jean Labib
AUTEUR(S) :
Julien Johan, Michèle Durren, Manon Pignot
COPYRIGHT :
2017
PRODUCTION :
2017
DIFFUSION :
2017
En partenariat avec

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