Fil d’actualité vs enquête

La collab' de l'info

C'est quoi l'infobésité ? 


- Je suis Elise Lucet, je présente Envoyé Spécial et Cash Investigation sur France 2.

- Moi c’est Axel Lattuada, et j’incarne Lexa pour la chaîne “Et tout le monde s’en fout”. Mais ce dont on ne se fout pas, c’est la marée d’infos dans laquelle on se noie tous les jours...

- Presse écrite, journaux télévisés, chaînes d’information en continu, forums, fil d’actualité Facebook, alertes info et c’est ce qu’on appelle : l’Infobésité, le fait de souffrir de surinformation. Comme il y en a trop, on ne sait plus laquelle choisir.

- Faut se rendre compte que ces 50 dernières années, on a produit plus d’informations qu’en 2000 ans. On en consomme 7 fois plus d’infos qu’en 2004 et en 2020, ce sera 32 fois plus. Et vu que maintenant Internet est partout, l’info gratuite et instantanée.

- Et ça oblige la presse écrite, la télévision, la radio, à repenser leurs stratégies et à diffuser l’information avec la même rapidité, au risque d’arriver à des dérives. Par exemple l’affaire Benalla.

- Ca commence avec une petite vidéo sur twitter. Où on voit un homme équipé comme un policier en train de commettre des actes de violences sur des civils.

- Deux mois après, le journal “Le Monde” sort un article qui révèle que cet homme ne fait pas partie des forces de l’ordre mais qu’il s’agit d’un proche collaborateur du président Macron. D’autres journaux se joignent alors à l’enquête et au fil des jours, on voit apparaître des articles de Libération, du Parisien ou du site Médiapart.

- Le truc, c’est qu’au milieu de ces enquêtes sérieuses, on a aussi eu droit à du joli n’importe quoi. Par exemple le site parodique Nordpresse, qui a raconté qu’Alexandre Benalla avait les codes de la bombe nucléaire...

- C’était évidemment une blague, comme toutes les informations provenant de ce site, mais ça n’a pas empêché un député d’y croire suffisamment pour la retweeter.   

 - Dans le même genre, on a eu ce faux article du Monde qui faisait dire à Alexandre Benalla “Manu et moi, on est plus que des amis…”.

 - Désolée, c’était un montage, mais ça a été relayé par une personnalité politique. C’est ça, le problème de l’infobésité : à force de recevoir des informations toute la journée, on ne prend plus le temps de les vérifier, on ne regarde plus vraiment qui les a écrites, bref on croit s’informer, mais en fait on a tout autant de risques de se faire désinformer, c’est-à-dire d’être pollué par de fausses informations.

- Alors face au torrent d’informations, il y a des nouveaux médias qui se sont créés avec l’idée de prendre le temps de traiter les sujets, histoire de prendre du recul...

- Comme exemples de sites qui privilégient l’enquête on peut citer Médiapart ou Slate, comme journaux qui privilégient le reportage de fond plutôt que l’info à chaud on a : "le 1", “XXI”, “Les Jours”, le magazine Society et pour les préados il y a “Le p’tit libé”.

- Et même à ta télé, il y a des magazines d’enquête vachement bien, genre “Le monde d’en face” sur France 5, Envoyé Spécial et Complément d’enquête sur France 2, ou les Théma d’Arte… Sinon y a Cash Investigation, vachement bien, présenté par… si… bah elle te ressemble un peu, d’ailleurs.

- Il paraît. On a par exemple enquêté sur les produits chimiques utilisés dans les vignobles : quel impact ils pourraient aussi avoir sur les viticulteurs, les habitants de la région…  On l’a diffusé en 2016. Et on est revenu sur ce sujet début 2018, dans une autre émission “Cash Impact”.

 - D’ailleurs, la présentatrice elle te ressemble vachement aussi.

 - Ouais, c’est bien de rentabiliser les blagues… Dans Cash Impact on prolonge les enquêtes de Cash Investigation, pour voir comment ça a évolué en quelques années. Donc c’est vraiment du travail sur la durée, qui prend le temps d’analyser les choses.

 - Voilà, et au final ça donne deux sous genres journalistiques assez différent. D’un côté t’as celui qui répond à une demande d’info très chaude et qui risque de sortir la news quasiment dans l’instant, avec la possibilité de manquer de recul. Et de l’autre, tu as un journalisme qui produit de l’enquête et des reportages de fond, c’est plus approfondi mais faut pas être pressé, quoi…

- Prendre votre temps, ça reste un bon conseil : si les fausses informations sont tant relayées, c’est parce que les gens ne prennent pas suffisamment le temps de réfléchir à ce qu’ils viennent de lire.

- Donc l’idée c’est d’être actif et de faire tourner tes méninges pour pas te faire avoir par les infos spectaculaires. Si tu veux être sûr, trouve la source, vois si d’autres médias sérieux en parlent… Et en gros, fais le tri avant de partager. Et surtout, prends ton temps, puisque c’est le tien….

 - Du temps malheureusement il nous en reste plus, là.

 - Oui et puis on va éviter nous aussi de vous gaver d'infos.

 - Mais bon, s'il vous reste de la place pour un petit dessert n’hésitez pas à aller visionner les autres vidéos de la chaîne, elles sont délicieuses !

 - D'ailleurs la présentatrice… te ressemble pas du tout, vu que c'est jamais deux fois les mêmes invités. Allez salut tout le monde !

  - Merci de nous avoir suivis.  Au revoir !

En résumé

L’infobésité, c’est le fait de souffrir de surinformation. Elle est créée par l’abondance de médias : presse écrite, journaux télévisés, chaînes d’informations en continu, fil d’actualité Facebook, etc, et par leur instantanéité.

Le souci de cet amoncellement d’informations est qu’il permet la propagation de fausses informations qui se glissent au milieu des autres et qui profitent de notre manque de recul et de vigilance.

Pour contrebalancer cet afflux permanent de nouvelles, un autre type de journalisme s’est développé, axé sur le reportage et l’investigation. Ça permet de faire plus facilement le tri entre info et intox.

RÉALISATEUR :
David Tabourier
AUTEUR(S) :
Benjamin Valiere
COPYRIGHT :
2018
PRODUCTION :
2018
DIFFUSION :
2018
PRODUCTEUR(S) :
France Télévisions
En partenariat avec

France Télévisions, dans le cadre de sa mission de service public, édite Lesite.tv pour Eduthèque avec le soutien de Canopé et propose des extraits vidéo et audio de programmes diffusés sur les antennes du groupe : France 2, France 3, France 4, France 5, France Ô.

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